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OM: «Le club peut mettre fin unilatéralement au système de gestion des abonnements»

Le serpent de mer de la gestion des abonnements à l’OM refait surface. Système unique en France, la commercialisation des places des virages par les clubs de supporters, pourrait disparaître bientôt. Quelles sont les options du club pour y mettre fin ? 20 Minutes fait le point avec Thierry Granturco, ancien footballeur et avocat en droit du sport.
Quel est le cadre légal actuel de la gestion des virages ?
La gestion de la billetterie est intimement liée à la sécurité des stades. A priori, on ne fait pas ce qu’on veut. L’article 111 du règlement de la LFP prévoit que les clubs professionnels sont en charge de cette gestion. Ils doivent désigner un responsable de la billetterie, qui communique avec la LFP. Quand l’OM a décidé de responsabiliser une partie des supporters en 1987, ce n’était pas en contradiction avec ce règlement. Le club reste dans tous les cas responsable. Au moment où le texte a été rédigé, personne ne prévoyait cette possibilité. Tapie a pris de vitesse la LFP, qui n’a pas osé l’interdire.

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L’OM peut-il légalement revenir sur cet accord ?
A l’époque, le club et les associations de supporters ont signé de simples conventions. Comme tout contrat, on peut y mettre fin de manière unilatérale. A priori, des dispositions peuvent permettre au club d’en sortir, dans le respect d’un préavis.
Donc l’OM peut récupérer la gestion des virages même si les associations de supporters refusent ?
On repart sur l’article 111. Il serait complètement inadmissible que les associations aient un droit de rétention sur la billetterie.
Si c’est si simple, pourquoi l’OM ne l’a pas fait avant ?
Parce que ça va être très compliqué. Il faut être clair, on est à Marseille. C’est aussi pour ça que la LFP n’a pas changé son règlement. Ça aurait été un tollé.
Certains médias évoquent des subventions versées aux clubs de supporters en contrepartie…
Ce serait une manière d’habiller politiquement son geste. Que le club veuille continuer à les faire vivre, c’est intelligent.
Qu’est-ce qui pousse l’OM à sauter le pas maintenant ?
Ce que Bernard Tapie a fait, c’était le seul à pouvoir le porter. Il avait le charisme et la reconnaissance des Marseillais. Aucun supporter ne moufetait de son temps. Tapie pouvait débarquer dans un bar et avoir une conversation avec des supporters. Je ne pense pas que Vincent Labrune oserait. Il veut remettre la main sur le guidon.
Que pensez-vous de l’hypothèse d’un nettoyage avant une vente du club ?
Je n’y crois pas. On n’essaie pas de récupérer préventivement la billetterie. Ou alors ça veut dire que la vente va se faire dans les deux mois. Si c’est juste une planification, ce ne serait pas stratégique de la part du président. Il aurait tout intérêt à habiller la récupération de la billetterie par l’annonce de la vente prochaine du club.
Ce serait donc juste la volonté soudaine de reprendre le pouvoir, à cause des difficultés financières et après les débordements d’OM-OL ?
Si ça se passait à Lorient ou n’importe où ailleurs, personne ne s’interrogerait sur le timing. Vincent Labrune réagit juste en bon gestionnaire. C’est une décision courageuse. L’OM est en train de devenir un club moyen. Ça va s’échauffer dans les tribunes. Se promener tranquillement sur la Canebière va devenir compliqué pour lui et l’actionnaire. Il est lucide, il veut resserrer les boulons.

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A propos Thierry Granturco

Thierry Granturco est avocat aux Barreaux de Paris et de Bruxelles, spécialiste de droit du sport. Il est actif dans le milieu du football professionnel depuis plus de 20 ans après avoir lui-même joué à haut niveau à l'Olympique Lyonnais (OL).

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